Le 1er novembre 2016
Ottawa, Ontario

Discours : Un plan pour faire progresser la classe moyenne - Énoncé économique de l'automne

De l’honorable Bill Morneau, c.p., député

Le texte prononcé fait foi

Monsieur le Président, j’ai l’honneur de déposer, dans les deux langues officielles, l’Énoncé économique de l’automne du gouvernement.

C’est pour moi un grand plaisir de donner une mise à jour en cette chambre au sujet des progrès que nous avons réalisés pour le compte de la classe moyenne du Canada et de ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Nous savons que les familles canadiennes sont pleines d’espoir, et qu’elles ne craignent pas le travail acharné.

Mais depuis des décennies, les membres de la classe moyenne ont de la difficulté à améliorer leur sort.

Les frais de garde d’enfants, les droits de scolarité, la hausse du coût de la vie, les longs temps de déplacement, la hausse de l’endettement – tous ces éléments s’accumulent.

En même temps, le monde évolue rapidement.

Plusieurs des économies les plus dynamiques se trouvent maintenant en Asie et dans les régions en développement.

L’Internet est en train de transformer notre façon de communiquer, de vivre et de travailler.

Les économies sont confrontées au défi de devenir plus propres et plus viables.

C’est ainsi qu’il y a un an, les Canadiennes et les Canadiens nous ont demandé de leur venir en aide.

Ils voulaient un gouvernement qui collaborerait avec eux en vue d’assurer un avenir plus prometteur pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

Faire progresser la classe moyenne

Nous avons franchi une première étape importante en instaurant une baisse d’impôt pour la classe moyenne, et en haussant les impôts de la tranche de 1 % les plus riches pour aider à la financer.

Grâce à notre Allocation canadienne pour enfants, neuf familles canadiennes sur dix reçoivent des prestations pour enfants plus élevées. En moyenne, ces familles recevront 2 300 $ de plus pour l’année de prestations 2016-2017.

Cette mesure est avantageuse.

Pour des centaines de milliers d’enfants, elle pourrait contribuer à les sortir de la pauvreté.

Pour certaines familles, elle pourrait vouloir dire plus d’argent pour acheter des patins cet hiver.

Pour d’autres, elle pourrait permettre de réduire leurs dettes, ou d’épargner un peu plus.

C’est ça le progrès.

Nous avons également amélioré la sécurité du revenu de retraite pour les travailleurs d’aujourd’hui et pour les générations à venir, y compris la signature d’un accord historique avec les provinces en vue de renforcer le Régime de pensions du Canada.

Nous avons respecté les promesses que nous avons faites aux aînés, en renforçant le système de revenu de retraite.

Nous avons rétabli l’âge d’admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti à 65 ans.

Nous avons aussi augmenté la prestation complémentaire au Supplément de revenu garanti pour les aînés vivant seuls.

Nous avons facilité l’accès à l’université ou au collège pour les jeunes des familles à revenu faible ou moyen en augmentant les bourses d’études canadiennes, et les nouveaux diplômés ont maintenant droit à un répit puisqu’ils doivent gagner au moins 25 000 $ par année avant de rembourser leurs prêts d’études canadiens.

Nous avons aussi commencé à investir immédiatement dans notre avenir.

Les investissements que nous avons réalisés pour répondre aux besoins en matière d’infrastructure de nos villes et de nos collectivités créent des emplois aujourd’hui, tout en stimulant l’économie du Canada à l’avenir.

Je tiens à remercier mon collègue, le ministre de l’Infrastructure, pour son leadership continu en ce qui concerne la collaboration dont il fait preuve avec les provinces et les municipalités en vue de réaliser les changements transformateurs à venir.

Situation économique du Canada

Ensemble, nos mesures créent des emplois et aident la classe moyenne à prendre le dessus.

Notre économie est en croissance, mais pas aussi rapidement que nous l’aimerions.

Depuis le dépôt du dernier budget, les économistes du secteur privé ont, en moyenne, revu à la baisse leurs prévisions concernant la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel au Canada.

Cela survient dans un contexte marqué par la faiblesse de la croissance à l’échelle internationale, qui est attribuable à des facteurs tels qu’une croissance plus faible que prévu aux États-Unis, et l’incertitude entourant le vote du Brexit au Royaume-Uni.

Mais la signature historique de l’accord économique et commercial global ‒ l’accord commercial le plus moderne et le plus progressiste au monde ‒ démontre que même en période d’incertitude, le travail acharné et la persévérance peuvent donner des résultats qui créeront des emplois pour la classe moyenne.

Nous avons toutes les raisons de regarder l’avenir avec optimisme.

Le monde se tourne maintenant vers le Canada comme étant l’exemple à suivre grâce à nos investissements et à notre programme inclusif qui vise à aider la classe moyenne.

Nous avons la position la plus enviable de tous les pays du G7 quant à notre ratio de la dette au PIB.

Nous allons maintenir cet avantage et maintenir la cible budgétaire à laquelle nous nous sommes engagés au dernier budget, tout en faisant progresser notre plan de façon responsable.

Investir dans la nouvelle économie

La faiblesse de la croissance au pays et partout dans le monde signifie que notre plan est plus important que jamais.

Le moment est venu de suivre les prochaines étapes pour faire progresser la classe moyenne.

Compte tenu du caractère durable des possibilités et des défis auxquels nous sommes confrontés, j’annonce des mesures qui se traduiront par des investissements supplémentaires, sur une plus longue période, afin de nous permettre de créer de bons emplois maintenant, et de préparer nos travailleurs, nos entreprises et nos collectivités à obtenir du succès à l’avenir.

Au cours des 11 prochaines années, le gouvernement du Canada investira un montant supplémentaire de 81 milliards de dollars dans le transport en commun, l’infrastructure verte, l’infrastructure sociale, le transport en appui au commerce et dans les villes intelligentes.

Cet investissement comprend aussi l’engagement précis de développer et de soutenir les collectivités rurales et nordiques du Canada.

Étant donné que les besoins uniques de ces collectivités nécessitent une approche plus ciblée, nous investissons un montant additionnel de 2 milliards de dollars dans nos collectivités rurales, de manière à ce qu’elles puissent réussir et partager le succès global du Canada.

En tenant compte des fonds existants, nous investirons au total plus de 180 milliards de dollars dans ce plan au cours des 11 prochaines années, au profit de nos villes et de nos corridors commerciaux, et ce, afin d’assainir l’air et d’améliorer la qualité de l’eau, de rendre les quartiers plus accueillants pour nos enfants, et de favoriser des collectivités plus intelligentes et mieux interreliées.

Ces investissements sont sans précédent dans l’histoire du Canada. Et ils arrivent alors que les besoins sont considérables.

Nos collectivités ont besoin d’assurer le déplacement des personnes et le transport des marchandises.

Nos citoyens les plus vulnérables ont besoin d’un logement.

Nos enfants ont besoin d’air pur et d’eau propre, et ils y ont droit.

Notre pays a besoin d’une croissance économique soutenue.

Pour relever ces défis, nous devons voir encore plus grand.

Nous avons besoin de partenaires fiables, et les caisses de retraite et les investisseurs institutionnels du Canada qui exercent leurs activités partout dans le monde possèdent une expertise de calibre mondial, et ils tiennent à réaliser d’importants investissements de longue durée au Canada.

Je suis heureux d’annoncer que le gouvernement du Canada établit une nouvelle Banque de l’infrastructure du Canada, qui injectera au moins 35 milliards de dollars pour nous aider à entreprendre des projets de transformation qui pourraient autrement ne pas se concrétiser.

Cette banque nous permettra de créer des milliers d’emplois, de faire réaliser un plus grand nombre de projets et d’attirer autant que 4 $ à 5 $ de capital privé pour chaque dollar d’impôt investi.

C’est ça le progrès.

La nouvelle Banque de l’infrastructure nous permettra de nous doter d’un inventaire de projets avec lequel nous pourrons appuyer nos décisions d’investissements à long terme.

Bref, la Banque changera notre façon de planifier, de financer et d’opérationnaliser les grands projets d’infrastructure au pays.

C’est ça le progrès.

Raffermir l’avantage concurrentiel du Canada

Pour assurer la prospérité de notre avenir, nous devrons consolider l’avantage concurrentiel du Canada.

Les Canadiens sont hautement scolarisés et qualifiés. Nous avons ce qu’il faut pour réussir.

C’est précisément ce que les investisseurs éventuels n’entendent pas assez souvent.

J’annonce aujourd’hui la création d’une nouvelle institution – Investir au Canada – qui aura pour rôle de promouvoir le Canada sur la scène mondiale.

Cette institution complétera le travail de la députée de la circonscription de University‒Rosedale, la ministre du Commerce international la plus passionnée et la plus dévouée que pourrait demander le Canada.

Dans un monde où certains pensent qu’il est souhaitable de refermer les frontières, le Canada ressort du lot comme un exemple à suivre en termes d’inclusion et de gestion de la diversité.

Nous avons une situation fiscale enviable, une population éduquée, qualifiée et surtout ingénieuse.

Investir au Canada nous permettra de redoubler nos efforts pour créer de bons emplois pour la classe moyenne en attirant des investissements étrangers.

Pour créer de bons emplois canadiens, nous avons besoin de partenariats solides à l’échelle internationale.

Notre stratégie en matière de compétences mondiales soutiendra davantage les entreprises canadiennes en veillant à ce qu’elles puissent attirer les personnes les plus talentueuses, et qu’elles aient accès aux compétences et à l’expertise internationale particulières qui leur permettront de prendre de l’expansion, de créer de bons emplois au Canada et de prospérer ici même au pays.

Grâce au travail remarquable du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, le Canada tire également pleinement parti de sa diversité pour soutenir une croissance économique durable.

Pas plus tard que la semaine dernière, dans le magazine The Economist, on faisait remarquer ceci : « La chaleur de l’accueil est aussi frappante que la portée de l’engagement ».

C’est ça le progrès.

Ouverture, transparence

Monsieur le Président : Ce n’est pas seulement ce que nous faisons, mais aussi comment nous le faisons.

Nous sommes à l’écoute. Nous établissons des partenariats. Nous collaborons.

Ce ne sont pas que des mots. Ces principes se trouvent au cœur même de notre identité en tant que gouvernement.

Voilà pourquoi notre Énoncé économique de l’automne comporte aussi des mesures visant à favoriser une plus grande reddition de comptes en matière de dépenses gouvernementales, à mettre fin à la culture du secret au Bureau de régie interne et à garantir l’indépendance de Statistique Canada et du directeur parlementaire du budget.

C’est ça le progrès.

Conclusion

Dans plusieurs décennies, quand mes enfants raconteront l’histoire où papa était ministre des Finances, je veux qu’ils soient en mesure de prendre du recul et de considérer la première année au pouvoir de notre gouvernement comme l’année où le Canada a entamé son parcours vers une nouvelle économie moderne.

Et nous sommes bien partis.

Comparativement à il y a un an, près de 9 millions de Canadiens paient moins d’impôts grâce à la baisse d’impôt pour la classe moyenne.

Environ 3,2 millions de familles reçoivent l’Allocation canadienne pour enfants, qui, d’ici 2017, aura contribué à réduire la pauvreté infantile d’environ 40 % par rapport à 2014.

900 000 aînés seuls profitent d’une plus grande sécurité financière.

14 avis d’ébullition de l’eau dans les réserves ont été levés dans des collectivités autochtones.

Nous avons construit ou amélioré 2 700 logements dans les réserves.

Partout au pays, des projets d’infrastructure créent de bons emplois tout en assurant des collectivités plus dynamiques.

Mais nous n’avons pas terminé. Loin de là.

Nous continuerons de faire ce que font les pays confiants et ambitieux : investir dans notre propre avenir.

Et nous collaborerons avec les autres pour bien le faire.

Comme le savent les députés, le Conseil consultatif en matière de croissance économique m’a donné des perspectives précieuses sur les défis et les possibilités à venir.

Je les remercie pour leur excellent travail et leurs judicieux conseils.

Notre travail est aussi éclairé par tous ceux qui prennent le temps de participer aux consultations prébudgétaires, par nos partenaires municipaux, provinciaux et territoriaux et par nos partenaires à l’échelle internationale.

Nous comptons également sur l’excellent travail des comités des Finances et de tous les députés des deux chambres du Parlement qui se réveillent chaque jour en cherchant des façons de léguer un Canada meilleur à la génération à venir.

Monsieur le Président, par votre intermédiaire, je les remercie pour leur service, et je suis impatient de collaborer avec vous en vue d’assurer une classe moyenne forte, et de meilleurs lendemains.

Merci.

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